APPEL DU 18 JUIN


                         
 

               Le 1er septembre 1939, l’armée allemande envahie, sans déclaration de guerre, la Pologne, sous la bienveillante de l’armée russe (pacte de non-agression du 23 août 1939).  Le 17 septembre de la même année, l’armée rouge envahira les territoires orientaux de la Pologne. Suite d’un accord entre la France, la Grande Bretagne, la Nouvelle Zélande et l’Australie, déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Le 10 c’est au tour du Canada d’entrée dans le conflit. La Russie envahie la Finlande tandis qu’Hitler la Norvège ( avril). Les Anglais et les Français tentent de reprendre la Norvège mais en vainc. En mai la Wehrmacht envahie les Pays-Bas, et la Belgique. Puis c’est la Campagne de France avec la déroute des armées alliées et l’encerclement de la poche de Dunkerque (28 mai - 4 juin). L’Italie déclare la guerre à la France le 11 juin. Le 16 juin 1940, Paul Reynaud, le Président du Conseil exilé à Bordeaux, démissionne et c’est le maréchal Philippe Pétain (84 ans), le vainqueur de Verdun, est élu Président du Conseil. Le lendemain il prononce une allocution à la radio en invitant les soldats de déposer les armes et de demander un armistice à Hitler. Elle est signée le 22 juin à Rethondes avec les Allemands et le 24 juin à Rome avec les Italiens.  Le 18 juin, le général de Gaulle, qui était sous secrétaire d’Etat à la Défense nationale et à la Guerre sous le gouvernement Reynaud, entre en résistance et lance son fameux appel du 18 juin. Il fera un autre discourt, toujours sur la B.B.C., le 22 juin. La France est coupée en deux par la ligne de démarcation : la zone occupée au nord, la zone libre en sud. Le gouvernement de Pétain, qui a les pleins pouvoirs,  s’installe à Vichy et instaure l’Etat français le 11 juillet. Il  y instaura avec Laval un gouvernement de colaboration avec l'Allemagne, avec les conséquences dramatiques pour les juifs et la Rafl du V'dHiv les 16 et 17 juillet 1942.     




                                                          
 



                                              
                                                      poste de radio Philips de 1933 modèle  636 A 





L'appel du 18 juin 1940: 

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?

Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale.

Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

 

Le lendemain des affiches furent placardées sur les murs de Londres demandant aux Français de le rejoindre à Londres.

                                  
                                      Affiche placardé à Londres après le discours du 18 juin  


 
Le 22 juin le général de Gaulle lance un nouvel appel sur les ondes de la BBC, invitant les Français à entrer en résistance par tous les moyens, et que les militaires de toutes armes se mettent en rapport avec lui.

L'APPEL du 22 JUIN 1940

 Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l'ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d'or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l'intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande, qu'une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd'hui, le resteront demain.

Même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?

L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d'éléments militaires français et de capacité française de production d'armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance !


       
                      


Les conséquences:

       Le 28 juin le gouvernement britanique (Churchill) le reconnaît comme chef des Français libres. Le 2 août, il est condamné à mort par un tribunal militaire relevant de Vichy pour atteinte à la sûreté de l'état et désertion. Le gouvernement provisoire 'installe à Seamore Grove mais celui-ci s'avère trop petit et déménage.  le 23 juin, le Comité national français provisoire, fort de l'appui officiel du Gouvernement britannique, s'installe un peu plus au large, dans quatre pièces puis douze, à St-Stephens House, Victoria Embankment sur la rive de la Tamise.       
 
 
 La vie en Angleterre: 
    
        De Gaulle s'installe au 1er étage  (un deux pièces) d'une maison confortable au 7-8 Seamore Grovei. Il ne peut y loger toute sa famille. Il loue une petite villa meublée typique de la banlieue, au sud-est de Londres, à Petts Wood, 41 BirchwoodRoad, facile d'accès en métro mais rapidement estimée trop proche des zones bombardées. C'est pourquoi, en août 1940, son épouse et ses enfants vont loger à quatre heures de train de Londres, à Ellesmere dans le Shropshire.
 
 
                       
 
                                   

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